Parcours
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Quelques étapes marquantes qui entrent et débordent les curriculum vitae.

Alors que j’usais mes jeans sur les bancs de Sciences Po Grenoble, j’ai décidé d’interrompre mes études pour partir travailler au Québec dans l’économie sociale et solidaire puis dans la lutte contre la pauvreté. J’ai rencontré là-bas le Collectif pour un Québec sans pauvreté et Vivian Labrie. J’ai découvert comment mobiliser des citoyen-nes de toute condition dans un mouvement social et syndical inédit où les savoirs des personnes en situation de pauvreté n’étaient pas oubliés. J’ai hérité de contes de tradition orale et d’un imaginaire à part. Une épiphanie.

A l’aube des années 2000, c’est la découverte des centres sociaux. Entre leurs murs, j’apprends à penser, agir et vivre avec des personnes en marge. L’animation sociale est un métier aussi dévalorisé que les autres emploisdu soin et de l’attention aux autres. Je cherche, formalise et transmets des formes d’agir qui ne reproduisent pas les inégalités scolaires, sociales, économiques et politiques. Celles du bien-dire et du bien-faire. Jusqu’à organiser des marches de lutte contre la pauvreté dans 5 départements de la région où ce sont les personnes qui galèrent qui ont écrit les revendications à porter auprès des pouvoirs publics. Une réalisation.

En 2010, je m’arrête quelques mois. On a parfois besoin de pauses, de répits et ce sont dans ces moments-là que naissent les rêves. Je me retrouve alors sur les trottoirs de Brooklyn avec Occupy Wall Street, à prendre le temps d’accueillir un troisième enfant. A présider une association qui cherche à expérimenter le community organizing à Grenoble sans s’y retrouver. Et puis, avec l’ami Jérôme Bar, à fonder une nouvelle aventure collective. On bâtit sans plan un bateau qui va sur terre et sur mer : AequitaZ. Puis on voyage neuf ans durant vers des rivages inconnus : des parlements libres de jeunes aux carrefours de savoirs sur la protection sociale, de collectifs aux noms d’oiseaux à raconter des histoires d’éléphants dans le quartier de Basseau à Angoulême. Avec la conscience grandissante que le nouveau régime climatique doit nous amener à élargir encore notre conscience des injustices au-delà des humains.

Candidat aux législatives au printemps 2022 pour défendre une écologie populaire, je me retire à la faveur d’un accord entre la gauche et les écologistes. Et l’année suivante, je commence un nouvel engagement aux frontières du professionnel et du politique comme directeur du projet des Écologistes (ex-EELV) ce qui m’amènera à tracer les horizons d’une nouvelle forme de prospérité où l’on ne chercherait pas l’amélioration du niveau de vie mais de la qualité de vie. Un programme ambitieux pour la gauche.

Pendant quelques années, je donne un cours dans le cadre du Master Transitions écologiques de Sciences Po Grenoble sur la « Justice sociale et les inégalités environnementales ». J’ai raconté cette expérience sur la plateforme de carnets de recherche Hypothèses.

La recherche d’une vie bonne dans les anfractuosités du présent n’est jamais close. A l’heure où les ténèbres fossiles et réactionnaires cherchent à prendre le pouvoir, ce monde a besoin d’un espoir et d’un chemin. Encore faut-il le tracer avec celles et ceux qui refusent de s’abandonner à la résignation et au cynisme.