W.B.Yeats, He wishes for the Cloths of Heaven

Si j’avais l’étoffe brodée du ciel,
Tissée d’or, d’argent et de lumière,
L’étoffe sombre et pâle et bleu ciel,
De nuit, de pénombre et de lumière
J’étendrais cette étoffe sous tes pas :
Mais, pauvre de moi qui n’ai que mes rêves ;
J’ai étendu ces rêves sous tes pas ;
Marche avec douceur car tu marches sur mes rêves.


Le poème initial de Yeats paru en 1899 :

Had I the heavens’ embroidered cloths,
Enwrought with golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and the half-light,
I would spread the cloths under your feet :
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.


Yves Bonnefoy a traduit ce poème en délaissant les mots clôturant les vers du huitain (cloths, light, feet, dreams) qui alternent comme des pas. Il a privilégié le contenu poétique se permettant, privilège de poète, d’ajouter des idées comme du secret, du temps ou de l’amour.

Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
Sous tes pas je les ai déroulés.
Marche doucement car tu marches sur mes rêves.